Ce faisant, ces personnes développent généralement une philosophie de la vie qui les guide sur la voie de la sérénité et de la sagesse. Relativiser, c'est mettre en perspective, dans la connaissance de son passé, de sa conscience du présent et de la prescience de son avenir. C'est percevoir une situation, sa situation, comme étant non absolue, dépendante des circonstances, du lieu de sa naissance, de son milieu de vie, de son histoire personnelle, de ses conditionnements culturels, de son caractère, de son tempérament, de ses qualités, de ses imperfections... etc, etc. Relativiser sa vie sur cette base devient un travail énorme n'est-ce pas ?
On constate en fait l'improbabilité, voire l'impossibilité de relativiser complètement, de comprendre donc la totalité de nos situations particulières, comme la globalité de notre situation collective. Car relativiser à ce niveau, c'est atteindre l'absolu. Or bien sûr, les humains limités que nos sommes ne peuvent que tendre vers cet absolu inaccessible dans notre petit univers terrestre. Mais ne désespérons-pas ! Ce simple constat, clair, lucide, devrait au contraire faire éclore en nous ce si beau sentiment humain qu'est l'humilité. L'humilité authentique qui fait s'accepter soi-même, dans la connaissance de ses forces et de ses faiblesses et dans la conscience nette de la nécessité du travail sur soi, quotidiennement, constamment.
"À chaque jour suffit sa peine" devient alors le théâtre quotidien riche et varié du grand jeu de sa vie, plein d'occasions d'exprimer son potentiel, de s'améliorer, de se développer, de se réaliser. Un théâtre qui est aussi celui de ses semblables, dont les rôles sont relativement aussi importants que le nôtre. C'est cette interdépendance qui nourrit la relativité de nos vies, qui en constitue le jeu essentiel dans la mesure où nous devons apprendre des uns des autres et évoluer ensemble.
Voilà pourquoi il est utile de vivre chaque jour de sa vie comme toute sa vie. Renaître chaque matin au réveil, tracer son sillon, semer, récolter, distribuer et revenir en soi-même. À chaque jour suffit sa peine.
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