mardi 20 octobre 2009

Le dernier souffle

La mort subite d'un ami -à peu près le même âge, quelques idéaux communs, plusieurs rencontres intenses-m'inspire ces réflexions sur le dernier souffle... Cette respiration ultime, cette dernière expiration, qui sonne le départ vers un ailleurs pressenti, est-ce le passage vers la plénitude ou le néant ? Le "je" se dissout-il dans le vide informe ? Le "moi" s'exalte-t-il devant la grande vacuité ? Mystère profond pour les uns, chimère futile pour les autres. Foi pour certains, doute pour plusieurs, déroute pour bon nombre. Devant l'Insondable, l'esprit vacille, devant l'Incertain, la croyance s'effrite.

Au cours de toutes mes années de yoga, de lectures, de discussions, de méditations discursives, j'ai considéré et assimilé toutes sortes de réponses à la grande question de la mort, de ma mort. Dans les religions, la philosophie, l'ésotérisme, les voies spirituelles, l'athéisme même, les réponses sont là, multiples, multiformes, multidimensionnelles, multiplicatrices. D'authentiques chercheurs les ont véhiculées et ont fait avancer les connaissances et inspirer l'humanité dans sa quête de vérité. Mais, en bout de piste, quel que soit le chemin, la grande question demeure pour chacun. À chacun sa mort.

De plus en plus, la proximité de la mort, celle bien réelle d'un proche ou de la mienne encore inaccomplie, éveille en moi le sentiment lumineux de l'immortalité de la conscience. Je constate en voyant le corps inerte de mon ami que sa conscience a quitté. J'ai le pressentiment que sa conscience désincarnée s'envole pour un ailleurs libérateur. J'en ai en tout les cas le sentiment par ma propre expérience. En intériorisant la réalité de ma mort, totalement immobile, ma sensibilité s'avive, s'affine et s'unit à ma conscience dans le sublime sentiment de l'existence. Le dernier souffle me propulse alors dans le grand souffle...


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